Retournez à Contraception III : Autres facteurs et Retards
Quel est le rôle du rabbin dans la prise de décision concernant la contraception ? Dans quels cas celle-ci est-elle permise au début du mariage ?
Points-clés
Quel est le rôle du rabbin dans les décisions relatives à la contraception ?
Les autorités halakhiques interviennent pour déterminer si la contraception est permise selon les circonstances. Elles s’appuient généralement sur l’un des deux modèles suivants :
- Le possèk (décideur) global : Il rend une décision halakhique ferme pour le couple et en assume la responsabilité morale. Ce modèle est prédominant dans la littérature classique, particulièrement lorsque le commandement de procréation (pirya vé-rivya) n’a pas encore été accompli. Il considère la contraception comme une question d’une sensibilité extrême, exigeant une expertise rigoureuse et une objectivité absolue.
- Le possèk conseiller : Il expose les principes halakhiques et accompagne le couple dans leur mise en œuvre, laissant aux conjoints le soin de trancher au sein de ce cadre (sauf dans le cas d’une complexité inhabituelle). Ce modèle, plus rare dans les textes anciens, traite la contraception à l’instar des autres domaines de la halakha, accordant une place centrale au discernement du couple face à sa réalité personnelle.
Quel que soit le modèle privilégié, il est important que le couple étudie les lois et sollicite une autorité compétente et empathique, avec laquelle chacun des conjoints se sentira en confiance et entendu.
Pourquoi certaines décisions à propos de la contraception sont-elles limitées dans le temps ?
Les situations de vie étant évolutives, une autorisation temporaire impose une réévaluation régulière. Ce délai peut également revêtir une dimension pédagogique, encourageant le couple à accomplir la mitsva dès que les conditions le permettent. Un couple ne doit pas hésiter à s’enquérir des motifs d’une décision à court terme ou des conditions nécessaires à sa prolongation.
La contraception est-elle permise dès le début du mariage ?
Sur le plan théorique, les critères permettant de différer l’accomplissement de pirya vé-rivya s’appliquent également au début du mariage. Toutefois, de nombreuses autorités se montrent plus exigeantes à ce stade : fonder un foyer est l’idéal même du mariage juif et, par définition, l’obligation de chévèt (peupler la terre) n’a pas encore été honorée.
Néanmoins, certains décisionnaires autorisent plus largement l’usage de la contraception pour une période définie en début de mariage, notamment lorsque la stabilité conjugale du couple est en jeu.
Faut-il privilégier le report du mariage ou un mariage avec contraception ?
Bien que les textes halakhiques encouragent traditionnellement les hommes à se marier à l’âge de vingt ans afin de prévenir l’égarement et hâter la mitsva de procréation, il est d’usage d’attendre d’atteindre une maturité suffisante et de trouver un conjoint adéquat.
Certains décisionnaires voient dans l’usage de contraceptifs une entrave plus active que le simple report du mariage. Cependant, un large consensus se dégage : si l’alternative est de différer l’union, il est préférable de se marier, quitte à recourir temporairement à la contraception (même dans des cas où cela ne serait pas autorisé en temps normal).
