Retournez à Contraception II : Planning familial
Mettant la santé et l’espacement des naissances de côté, quels autres facteurs peuvent affecter les décisions halakhiques à propos de la contraception ? Est-il permis de retarder l’accomplissement de la mitsva de procréation ?
Points-clés
Des inquiétudes à propos du ‘hinoukh (élever des enfants et éducation aux mitsvot) peuvent-elles fournir des raisons pour utiliser une contraception ?
De graves inquiétudes et de la détresse émotionnelle à propos de la capacité à bien élever des enfants existants peuvent parfois être des raisons pour utiliser une contraception après que la mitsva de pirya vérivya a été accomplie, et dans certains cas extrêmes, même avant.
Qu’en est-il des inquiétudes en ce qui concerne le chalom bayit (harmonie maritale) ?
Faire des efforts pour préserver et renforcer le chalom bayit est une forte valeur halakhique. La contraception peut être permise dans des cas de fortes tensions maritales, surtout après avoir accompli pirya vérivya.
Et des inquiétudes financières ?
En général, on n’est pas tenu de s’appauvrir pour exécuter une mitsva. Cependant, de nombreuses autorités halakhiques hésitent à permettre la contraception pour des raisons économiques puisque pirya vérivya est si centrale dans la vie religieuse et puisque Dieu est l’ultime pourvoyeur. Les inquiétudes financières sont plus facilement prises en compte une fois que pirya vérivya a été accomplie.
Quelques autorités halakhiques récentes ont soulevé la possibilité que des considérations professionnelles ayant un grand impact, comme finir une formation préprofessionnelle exigeante, peut parfois fournir des raisons pour utiliser la contraception.
D’autres facteurs ?
Le principe talmudique de haossék bamitsva patour mine hamitsva permet de retarder une mitsva lorsque l’on est engagé dans une autre mitsva exigeante. Dans certains cas, cela peut fournir des raisons pour retarder la conception.
Quels facteurs halakhiques pèsent contre l’utilisation de contraception avant que pirya vérivya n’ait été accomplie ?
- Zrizout (zèle) : La halakha encourage d’accomplir une mitsva rapidement. De nombreuses autorités halakhiques voient cela comme une obligation.
- Bitoul assé (abroger une mitsva) : Abroger une mitsva positive délibérément est considéré comme une interdiction.
Le Rambam considère généralement qu’un homme retardant pirya vérivya en repoussant le mariage après l’âge de vingt ans commet un bitoul assé, sauf si cela est justifié par une autre mitsva (comme étudier la Torah). Le besoin d’une justification peut également s’appliquer pour retarder pirya vérivya en utilisant une contraception.
Certaines autorités permettent de retarder l’accomplissement d’une mitsva s’il existe une réelle justification pour cela et une intention claire (et une capacité présumée) d’accomplir la mitsva plus tard.
Dans notre prochain article, nous discutons de l’utilisation d’une contraception au début du mariage et le rôle d’un rabbin dans les décisions à propos de la contraception.
