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Qu’est-ce que le kvod ha-tsibour ? Comment cela s’applique-t-il à l’éventualité que les femmes lisent dans la Torah ? Peut-on y déroger ou y renoncer ?
Points-clés
Que dit le Talmud ?
“Tout le monde compte pour le nombre sept, même un mineur et même une femme. Mais les sages dirent : une femme ne peut pas lire dans la Torah à cause de kvod tsibour [l’honneur de la communauté]” (Méguila 23a).
Qu’est-ce que cela signifie ?
Le discours halakhique traditionnel traite cela comme une décision contre la lecture par les femmes de kriat ha-Torah dans des circonstances ordinaires.
Qu’est-ce que le kvod ha-tsibour selon le Talmud ?
Il semble que cela signifie différentes choses dans différents cas :
- Un poids non-nécessaire ou un désagrément pour la communauté (p. ex. faire attendre tout le monde lors du déroulement du Séfèr Torah).
- Quelque chose qui porte atteinte à l’image de la communauté ou qui ancre du laxisme à propos d’une norme de la pratique communautaire (p. ex. lire depuis des rouleaux partiels) ou avec une norme de représentation communautaire (p. ex. qu’un mineur vêtu de lambeaux lise dans la Torah).
Comment une femme lisant poserait-elle un problème de kvod ha-tsibour ?
- Cela pourrait impliquer que les hommes, qui ont une obligation d’étudier la Torah et de maintenir un minyan pour kriat ha-Torah, ne sont pas prêts à lire la Torah ou cela pourrait encourager du laxisme de leur part en ce qui concerne la lecture.
- Cela pourrait transgresser les normes de tsniout (surtout la séparation des sexes) pour les offices ou encourager du laxisme avec ceux-ci. Forcer les normes de tsniout pour qu’une femme puisse lire pourrait suggérer que les hommes ne sont pas prêts à lire etc.
Cela est-il encore pertinent lorsque nous avons un baal koré ? Ou à la lumière des changements sociétaux ?
- De manière générale, la halakha considère un olé lé-Torah comme un lecteur auquel s’appliquent les considérations du kvod ha-tsibour.
- Même si le kvod ha-tsibour était considéré comme un problème de statut social, les lois rabbiniques restent typiquement en place même si la raison mentionnée pour celles-ci n’est plus pertinente.
Une femme pourrait-elle lire dans un minyan privé, ad hoc ?
Quelques autorités ont soulevé cette possibilité, surtout puisque les normes de tsniout pourraient être plus flexibles dans un tel cadre mais elles n’ont pas rendu de décisions halakhiques claires et pratiques pour le permettre.
Une communauté peut-elle annuler le kvod ha-tsibour ?
Certains affirment qu’elle le peut toujours et d’autres affirment qu’elle ne le peut jamais. Entre les deux, se trouvent ceux qui affirment que :
- Oui lorsque le propre honneur subjectif de la communauté est en jeu (p. ex. un inconvénient).
- Non dans les cas qui exigent d’atteindre une norme métaphysique de conduite honorable ou de présentation devant Dieu.
Et ici ?
Nous manquons d’un précédent clair pour y déroger.
Existe-t-il des occasions où une femme pourrait lire lors de la kriat ha-Torah ?
Selon beaucoup oui a posteriori ou dans un cas de chaat ha-d’hak (situation pressante), par exemple si une femme est la seule lectrice qualifiée.
Les considérations de kvod ha-briot (dignité humaine) mettent-elles de côté le kevod ha-tsibour ici ?
Kvod ha-briot est un concept halakhique, avec une application limitée, dont la définition est fixée par nos sages. Il est clair qu’ils ne voyaient pas cette halakha comme en conflit inhérent avec le kvod ha-briot lorsqu’ils l’ont instituée.
Lorsque le kvod ha-briot entre en conflit indirect avec la loi rabbinique, le kvod ha-briot prévaut mais il ne met pas de côté une halakha.
Où en sommes-nous ?
Des autorités halakhiques majeures ont rejeté la possibilité qu’une femme lise régulièrement ou reçoive des aliyot dans le cadre de kriat ha-Torah.
Cela laisse cependant ouverte la question de comment assurer que les femmes se sentent à l’aise et incluses dans la kriat ha-Torah.
