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Qu’est-ce qu’un article masculin, kli guéver ? Quelle est l’interdiction pour une femme d’en porter un ? Comment l’intention affecte-t-elle cette halakha ?
Points-clés
Qu’est-ce qu’un kli guéver ?
La Torah interdit à une femme de porter un article masculin, un kli guéver, sur elle et à un homme de porter un vêtement de femme, simlat icha.
La définition de ce qui constitue un habit d’homme ou de femme dépend des normes d’habillement dominantes à un temps et à un endroit donnés.
Un juif halakhiquement pratiquant ne peut pas initier l’adoption de normes d’habillement associées à un sexe différent mais un changement autrefois considéré comme transgressif peut éventuellement mener à un changement dans comment la halakha catégorise un objet spécifique.
Un habillement neutre est-il permis ?
La Torah, et la discussion halakhique qui s’ensuit, interdit spécifiquement qu’une femme porte un kli guéver et qu’un homme porte une simlat icha. Cela laisse la possibilité de porter des vêtements neutres.
Quelle est l’étendue de l’interdiction ?
Le Sifri et le Talmud rapportent une discussion tannaïque :
- Tanna Kama déduit du verset que kli guéver n’est interdit que si le travestisme conduirait à une “abomination”. Il définit cela comme le travestisme qui permet à une femme de s’asseoir ou demeure parmi les hommes. Cette opinion semble interdire ce type d’habillement seulement lorsqu’il changerait l’apparence générale de quelqu’un.
- Rabbin Éliézer ben Yaakov enseigne qu’une femme ne peut pas porter une arme pour la guerre, associée typiquement avec les hommes, et qu’un homme ne peut pas se parer comme une femme (ce qui inclut certaines pratiques de toilette et soins esthétiques). Son opinion semble exclure de porter même un seul kli guéver visible. Telle est l’opinion du Réma.
Quelle est la logique de l’interdiction ?
L’inquiétude la plus centrale du discours halakhique est qu’une personne pourrait s’habiller afin de ressembler à l’autre sexe d’une manière qui pourrait entraîner un mélange entre les sexes à un niveau plus extrême et plus constant ce qui mènerait ultimement à une conduite licencieuse.
Comment l’intention affecte-t-elle l’étendue de l’interdiction ?
Il y a trois opinions principales :
- Kli guéver est interdit seulement lorsqu’il est porté avec une intention licencieuse (Smak).
- Kli guéver est interdit peu importe l’intention (Yéréïm).
- Kli guéver est interdit sauf s’il y a un but fonctionnel à le porter. Tossafot établit les fondations pour cette position. Le Bakh décide que l’interdiction de kli guéver s’applique dans des cas où une femme cherche à se parer afin de ressembler à un homme et non lorsqu’un type d’habillement moins décoratif et plus fonctionnel est porté dans un but constructif comme se protéger des éléments. Le Cha’h limite cette permission à des cas dans lesquels il y a au moins un signe extérieur du sexe de la femme.
Qu’en est-il de se déguiser pour une sim’ha, pour se réjouir ?
- Yéréïm, suivi par le Bakh, rejette l’idée que l’intention de se réjouir écarterait les inquiétudes concernant kli guéver.
- Mahari Mintz considère l’intention de se réjouir à Pourim comme suffisante pour justifier la coutume de se travestir pour des costumes.
Le Réma valide également le port de tels costumes pour Pourim dans le but de “sim’ha bé-alma” “réjouissance pure”. D’autres restreignent cette souplesse aux cas où le costume est incomplet et le sexe de la personne est clairement visible.
Se déguiser dans le contexte d’un spectacle peut être un facteur de “réjouissance pure” et être soumis aux mêmes paramètres que les costumes à Pourim.
Et les armes pour l’autodéfense ?
Les femmes peuvent porter des armes pour l’autodéfense si nécessaire. Lorsque ce n’est pas pour l’autodéfense, de nombreuses autorités voient le port d’armes par une femme comme interdit au niveau de la Torah.
Le rabbin Yéhouda Henkin a affirmé que si la mention d’une arme par le rabbin Éliézer ben Yaakov n’est que pour apporter un exemple de kli guéver, alors sa permissibilité pour les femmes dépendra de l’endroit et du moment. Dans ce cas, il se peut que ce ne soit plus interdit dans les endroits où les femmes portent couramment des armes.
Apprenez-en plus à propos de kli guéver et des tsitsit
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