Retournez à Contraception V : Hach’hatat zéra et méthodes de contraception
Qu’est-ce que l’interdiction de sirus (stérilisation) ? Quelles sont ses incidences sur la permitsibilité des différentes méthodes contraceptives et quel ordre de préférence la halakha établit-elle ?
Points-clés
En quoi consiste l’interdiction de la stérilisation (sirus) ?
La Torah proscrit toute atteinte à l’intégrité des organes reproducteurs masculins. Selon le Séfèr Ha-’Hinoukh, ce commandement assure la survie de l’espèce par la procréation, condition sine qua non à la pérennité de la Création.
L’interdiction s’applique-t-elle également aux femmes ?
Bien que la question fasse l’objet de débats, de nombreuses autorités considèrent que la stérilisation féminine relève d’un interdit d’ordre rabbinique. À ce titre, elle peut être autorisée dans des situations d’extrême nécessité.
Comment les sources anciennes abordent-elles les traitements stérilisants ?
Le Talmud autorise les femmes à ingérer des substances aux propriétés stérilisantes à des finscontraceptives, notamment lorsque l’accouchement présente un danger ou des douleurs excessives, une fois que que l’obligation de pirya vé-rvya (procréation) a déjà été accomplie.
Quelle est la position de la halakha sur la vasectomie et la ligature des trompes ?
La vasectomieest majoritairement considérée comme une violation de l’interdit biblique sirus. À des fins contraceptives, la ligature des trompes est généralement interdite au niveau rabbinique. Elle peut être tolérée en présence d’un motif médical impérieux et si aucune autre solution viable n’existe.
Les contraceptifs hormonaux sont-ils autorisés ?
Oui. Ils ne contreviennent pas à l’interdiction de hach’hatat zéra, n’altèrent pas physiquement les organes et sont totalement réversibles. Malgré des réserves historiques liées aux effets secondaires et aux saignements intermenstruels (pouvant affecter le statut de nidda), ils constituent aujourd’hui largement autorisés.
Qu’en est-il du dispositif intra-utérin (DIU/Stérilet) ?
Initialement, les autorités ont manifesté une certaine réticence en raison d’un potentiel effet abortif et des risques médicaux des premiers modèles. Les dispositifs modernes, sans dommage pour les organes et réversibles, sont désormais largement acceptés. La vigilance des décisionnaires porte essentiellement sur les risques de taches (ktamim) et leurs implications sur les lois de nidda.
Quelles méthodes privilégier ?
Lorsqu’un recours à la contraception est autorisé, les autorités halakhiques établissent généralement l’ordre de préférence suivant pour les méthodes réversibles : Méthodes hormonales, stérilet (DIU), spermicides, diaphragme.
De nombreux décisionnaires placent désormais le stérilet au même rang que les options hormonales. Comme nous l’avons vu, certaines autorités n’autorisent le diaphragme qu’en cas de situation pressante débattu, tandis qu’une minorité d’autorités le préfère aux méthodes hormonales.
Néanmoins, chaque couple présente des spécificités médicales et personnelles uniques qui peuvent affecter la hiérarchie halakhique..
