Retournez à Téfilines I : Exemption
Qu’est-ce qu’un gouf naki ? Quel est le lien avec les téfilines et aux femmes ?
Points-clés
Qu’est-ce qui rend les téfilines si sacrées ?
Les téfilines contiennent des versets de la Torah qui incluent le nom de Dieu, lequel revêt une grande sainteté. Poser les téfilines implique une grande responsabilité. Par exemple, une personne mettant les téfilines doit vérifier leur position régulièrement afin d’y rester attentif et comme une précaution contre la hésé’h ha-daat, le fait d’être distrait par des pensées frivoles.
Qu’est-ce qu’un gouf naki ?
L’exigence d’un gouf naki (litt. corps propre) s’applique lors du port des téfilines et s’étend au-delà de la simple propreté. L’émission de gaz contrevient à cette exigence tout comme s’endormir ce qui peut entraîner des flatulences non-contrôlées ou une émission involontaire de sperme. Le Maharam de Rothenbourg est particulièrement exigeant concernant le gouf naki et maintient que cela demande qu’une personne doit préserver ses pensées de tout fantasme sexuel lorsqu’elle met les téfilines.
Comment l’inquiétude envers le gouf naki a-t-elle affecté l’observance de la mitsva ?
En théorie, les téfilines doivent être portées toute la journée. En pratique, à certaines périodes, les inquiétudes pour maintenir un gouf naki toute la journée ont pu dissuader les masses de tout simplement mettre les téfilines. Les autorités halakhiques anciennes encouragent la personne lambda à mettre les téfilines pour le Chéma et pour le reste des prières du matin, une durée notablement plus courte, afin de maintenir un gouf naki et cela est devenu la pratique courante.
Comment l’exigence d’un gouf naki affecte-t-elle les femmes ?
Nous avons vu précédemment que Michal, la fille de Saül, mettait les téfilines et le Talmud Yérouchalmi affirme que les Sages protestèrent contre son acte. Le Ri suggère que les Sages objectèrent car les femmes ne font pas attention à maintenir un gouf naki. Tout comme le scrupule envers un gouf naki peut expliquer la non-observance des hommes ou leur observance limitée de la pose des téfilines, cela peut également expliquer la protestation envers l’observance volontaire des femmes.
D’où vient cette idée ?
Ce n’est pas clair. Cela peut être lié à des estimations de l’hygiène des femmes ou à une tendance à la distraction. Cependant, certaines autorités halakhiques suggèrent que l’idée est principalement liée à l’exemption des femmes de la mitsva car on ne peut présumer qu’une personne accomplissant la mitsva de manière volontaire fera scrupuleusement attention à toutes ses conditions.
Le Aroukh ha-choul’han suggère que ni les hommes ni les femmes ne devraient prendre un risque halakhique injustifié de transgresser le gouf naki en mettant les téfilines lorsque ce n’est pas complètement obligatoire. Ainsi, les hommes limitent leur mise des téfilines au temps de la récitation du Chéma et puisque les femmes sont exemptes tant des téfilines que du Chéma, elles devraient éviter de mettre les téfilines à tout moment.
Existe-t-il des exceptions à la règle ?
Le Talmud de Babylone ne mentionne pas que les sages protestèrent lorsque Michal mit les téfilines. Le Aroukh ha-choul’han et le Maharchal suggèrent qu’ils ont pu considérer Michal comme un cas spécial, du fait de sa piété unique ou d’autres facteurs. Selon cette logique, théoriquement, une femme similairement exceptionnelle pourrait également être capable de prendre soin à maintenir un gouf naki.
Nous analysons comment la discussion de gouf naki affecte les décisions halakhiques envers les femmes et les téfilines ici.
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