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Quelles sont les lois (halakhot) et les coutumes relatives à la conception, à la grossesse et au suivi prénatal ?
Points-clés
Comment la tradition juive aborde-t-elle les efforts liés à la conception ?
Bien que la fertilité dépende au bout du compte de la volonté divine, l’effort humain est permis, voire encouragé, en complément de la prière. Dans certains cas, un couple qui suit son ovulation peut même être autorisé à effectuer des tests pendant Chabbat.
Quel est le statut du dépistage génétique ?
Malgré des réserves initiales concernant les répercussions sociales, les autorités halakhiques recommandent désormais largement le dépistage génétique afin de prévenir des maladies héréditaires graves. Si les parents sont porteurs, le diagnostic préimplantatoire (DPI) par FIV est une approche halakhique vivement encouragée pour tenter d’assurer une descendance en bonne santé.
Qu’en est-il des examens prénataux ?
Les examens de routine présentant un risque minimal sont autorisés. Les tests comportant des risques plus élevés sont permis lorsqu’ils sont médicalement justifiés. Par ailleurs, il est tout à fait permis de connaître ou de divulguer le sexe de l’enfant.
À quel moment la halakha reconnaît-elle la grossesse et quelles en sont les implications ?
Traditionnellement, cette reconnaissance intervient à trois mois. Toutefois, dans certains domaines de la halakha, de nombreuses autorités reconnaissent l’état de grossesse plus tôt en se fondant sur un test positif. Cela concerne notamment le jeûne, l’adaptation de la prière (par exemple, la raccourcir ou prier assise), certains aménagements alimentaires et l’octroi des indulgences accordées à une personne malade (’hola).
Si un problème médical important survient pendant le Chabbat, une femme enceinte ne doit pas hésiter à solliciter une aide médicale. L’apaisement de l’esprit de la femme enceinte (yichouv ha-da’at) constitue également une priorité halakhique majeure.
Tout Juif a l’obligation de prendre soin de sa santé ; cela inclut le suivi prénatal classique et le respect des directives sanitaires (par exemple, limiter la consommation d’alcool, même lors de rituels halakhiques).
Les relations conjugales demeurent une mitsva pendant la grossesse et l’interdiction de zéra lé-vatala (perte séminale vaine) reste en vigueur.
Existe-t-il d’autres coutumes courantes ?
Dans de nombreuses communautés, l’usage veut que les femmes enceintes évitent les cimetières, bien que l’on puisse y déroger si cela est important pour la femme. Il existe une discussion halakhique concernant l’entrée au cimetière d’une femme enceinte mariée à un Cohen, avec d’importants précédents en faveur de la souplesse.
Certaines femmes ont pour coutume de s’immerger au mikvé au cours du neuvième mois, sans prononcer de bénédiction (brakha) puisqu’il ne s’agit pas d’une obligation.
