Quelle est la nature de la mitsva de compter le omer ? Les femmes y sont-elles obligées ? Comment les coutumes de cette période s’appliquent-elles aux femmes ?
Points-clés
Quels sont les différents aspects de la mitsva de compter le omer ?
- Festif : elle conduit du lendemain du premier jour de Pessa’h jusqu’à Chavouot et Matan Torah.
- Sacrificiel : elle commence avec l’offrande d’un omer d’orge et finit avec l’offrande de deux miches de pain à Chavouot.
- Agricole : elle commence lors de la première moisson d’orge et se termine à la première moisson de blé.
Est-ce une obligation de la Torah aujourd’hui, lorsque le Beth hamikdache n’existe pas ?
Le Rambam maintient que ça l’est. Cela est raisonnable si l’on met l’accent sur l’élément festif du compte qui mène à Matan Torah, qui persiste jusqu’à aujourd’hui. D’autres autorités maintiennent que l’obligation est actuellement rabbinique, une opinion qui met l’accent sur la centralité de l’élément sacrificiel du compte de l’omer.
Les femmes sont-elles obligées de compter le omer ?
Cela dépend s’il s’agit d’une mitsva positive liée au temps dont les femmes sont exemptes. Puisque compter la nuit n’est peut-être qu’une préférence et non essentiel pour accomplir la mitsva, cela ne suffit pas pour rendre le compte lié au temps.
La plupart des autorités halakhiques considèrent qu’elle est liée au temps et que les femmes en sont exemptées car le compte doit s’effectuer durant une saison festive spécifique de l’année. Le Ramban, cependant, maintient que sfirat haOmer n’est pas liée au temps, probablement car il met l’accent sur la nature sacrificielle du compte. Le omer, et non la date du 16 nissan, détermine le moment où nous comptons.
Les femmes devraient-elles compter le omer volontairement ?
Historiquement, certaines communautés de femmes faisaient très attention à compter sfirat haOmer volontairement et ça a pu devenir une coutume contraignante pour elles. Les femmes peuvent compter le omer sans brakha même dans les communautés où les femmes ne récitent pas de brakhot sur l’exécution volontaire de mitsvot. Pour les communautés où les femmes récitent les brakhot, la Michna Broura cite une opinion selon laquelle les femmes ne devraient pas réciter une brakha lors du compte du omer par inquiétude de commettre une erreur. Des autorités récentes ont statué que cette inquiétude ne doit pas dissuader les femmes de réciter la brakha.
Les coutumes de deuil de cette période s’appliquent-elles aux femmes ?
Oui, les coutumes de deuil commémorant la perte des étudiants de rabbi Akiva et d’autres tragédies qui eurent lieu durant le Omer s’appliquent aux femmes bien qu’il y ait débat sur le cas d’une femme désirant se faire couper les cheveux. La pratique courante parmi les femmes sépharades est de se couper les cheveux comme on le souhaite et parmi les femmes achkénazes de s’abstenir. Le rabbin Moché Feinstein statue qu’il y a matière à indulgence avec cette coutume lorsqu’une femme a besoin d’une coupe de cheveux. Suivant cette logique, une femme peut également s’épiler lorsqu’elle trouve cela nécessaire. Il n’y a pas de restriction à ce qu’une femme enlève les poils du visage ou des poils qu’elle retire pour le mikvé.
Existe-t-il des coutumes spéciales pour les femmes durant cette période ?
Une coutume, qui est tombée en désuétude, était de s’abstenir d’effectuer des travaux (du même type que ceux proscrits pendant ‘Hol haMoëd) du coucher du soleil jusqu’au matin ou après le compte car l’enterrement des étudiants éloigna les gens de leurs travaux la nuit. Les femmes en particulier pratiquèrent cette coutume, les femmes vertueuses étant les premières à s’occuper du défunt. Avec cette coutume, même les femmes ne comptant pas le omer avaient une manière de l’observer.
