Quelle est la mitsva de la havdala ? Les femmes y sont-elles obligées ? Une femme peut-elle réciter la havdala pour elle-même ou pour d’autres ?
Points-clés
Qu’est-ce que l’obligation de la havdala ?
La havdala est récitée pour distinguer Chabbat (et les fêtes) des jours de la semaine.
De nombreuses autorités halakhiques, dont le Rambam, perçoivent la havdala à Motsé Chabbat comme un élément de l’obligation d’ordre toraïque de se souvenir de Chabbat.
Les femmes y sont-elles obligées ?
- Oui selon la plupart des opinions. Si l’obligation de la havdala est toraïque, alors les femmes y sont obligées, tout comme elles sont obligées aux autres mitsvot de Chabbat. (Le Choul’han Aroukh semble suivre cette opinion). Si l’obligation de la havdala est rabbinique, elle est probablement calquée sur la loi biblique.
- Une opinion minoritaire maintient que la havdala est rabbinique et que les femmes en sont exemptes, puisqu’il s’agit d’une mitsva positive liée au temps et arrive à la fin de Chabbat. Pour tenir compte de cette opinion, le Réma ordonne aux femmes d’écouter la havdala faite par un homme. On ne saisit pas clairement pourquoi il ne voit pas cela comme (au pire) un cas typique de récitation d’une brakha sur l’accomplissement volontaire d’une mitsva.
Qu’est-ce que cela signifie en pratique ?
Il est préférable pour une femme d’écouter la havdala d’un homme mais une femme peut réciter la havdala pour elle-même si aucun homme n’est facilement présent. Une femme peut même réciter la havdala pour un homme dans une situation urgente lorsqu’il ne peut pas la réciter pour lui-même.
Un homme peut réciter la havdala pour une femme même après l’avoir entendue à la synagogue puisqu’il a l’intention de se décharger de son obligation à la maison. Cependant, si un homme s’est déjà déchargé de son obligation, alors il ne devrait généralement pas la réciter pour un groupe de femmes et de jeunes filles qui peuvent la réciter elles-mêmes.
Une femme peut-elle boire du vin de la havdala ?
La coutume ancienne était que tous les membres du foyer partageaient le vin de la havdala après que le récitant eut bu mais une coutume selon laquelle les femmes n’y prennent pas part s’est répandue, peut-être en se fondant sur une tradition que l’Arbre de la connaissance était une vigne dont ‘Hava aurait pressé les raisins et les donna à Adam pour se “différencier” de lui.
Une femme qui récite sa propre havdala doit cependant boire.
Les femmes récitent-elles ou répondent-elles aux autres brakhot de la havdala ?
- La Michna Broura soulève une inquiétude que les femmes récitent la brakha sur la flamme puisqu’elle commémore la découverte du feu par Adam à Motsé Chabbat et est donc potentiellement une mitsva positive liée au temps, en-dehors du cadre du Chabbat, dont les femmes sont exemptes.
- D’autres, dont le rabbin Ovadia Yossef et le rabbin Moché Feinstein, confirment que les femmes récitant la havdala doivent dire toutes les brakhot.
